1.29.2015

19 cette maison où nous sommes


Cette maison où nous sommes dans l'épaisseur de la pierre.


18 dans la pénombre les voitures


Dans la pénombre les voitures éclairent par à coup le plafond. Nos corps allongés au milieu du trafic. Lâche l’emprise des jours. 

1.28.2015

Tisser cela

/ En résidence avec l'association L'esprit du lieu, au lac de Grand-Lieu (44)
http://carnetderesidence.blogspot.fr/

Il ne s'agit pas de re dessiner ce qui a déjà été saisi une première fois, rapidement, très intensément, dans le paysage. Trait qui n'est pas à refaire. Qui raconte tel quel le moment de l'apparition du sujet, du dialogue avec le sujet. S'arrête quand ça ne discute plus avec le motif. Quand ça sort du lien, du contact. Trait issu de la posture, de l'attention, du souffle. Cet abrupt qui ne se refait pas. 
Il s'agit de voir. De passer du temps à regarder ce que l'on a fait dans l'instant. Tisser cela, qui prend sens peu à peu, en même temps que l'écriture. Qui se raconte par accumulation. Qui, par l'accumulation, n'est plus simplement sujet devant soi, mais paysage arpenté, vécu, dans lequel le corps et le regard sont pris.

Fabriquer ce nid que l'adolescent tisse avec des feuillages. 

S'enfoncer dans l'épaisseur des herbes le temps d'une course.

Marquer le nombre de fois où le regard s'est porté sur la ligne ondulante des saules.

Tenter une fois de plus de " saisir cette dispersion où nous sommes" (Virginia Woolf)
dont nous ne sommes pas séparés il me semble.


1.20.2015

Superposer les instants

/ En résidence avec l'association L'esprit du lieu, au lac de Grand-Lieu (44)


C'est un cahier rouge acheté en Inde lors de mon premier voyage, il y a 20 ans. Il contient au moins deux cent pages. Compact, parfait pour dessiner dehors. Protégé par une couverture en tissu. Dessins au feutre pointe fine. Jamais de gomme. Plutôt tourner la page.



Je numérise un à un les croquis réalisés lors des promenades de novembre. Il y en a 96, qui se divisent globalement en 6 catégories : troncs & branches, brindilles, herbes, ronces, eau, crête des arbres & lignes d'horizon. 

L'idée est d'être fidèle à ce qui s'est inscrit sur place, dans la rapidité de l'instant, de l'observation. Superposer des séries de croquis pour additionner les instants. Garder la trace d'un paysage vécu, d'un lieu en mémoire. 





1.13.2015

17 tout reprendre et tout coudre


Tout reprendre et tout coudre les choses avec les mots. La phrase je l'enroule à ma gorge pour sortir, je marche avec. La traîne par terre pour attraper n'importe quoi qui pourrait s'accrocher. Rien additionné à rien. Poussière après poussière. La phrase est toujours à deux doigts de se dissoudre de toute façon. Fixée avec des nœuds au réel qui la regarde. Trop lâche trop serrée. Un texte en radeau de fortune je mets tout le monde dessus. Précaire.