3.25.2014

le rêve et le document #3


Jour 10
Incohérence des cartes. Très loin de nos mesures fixes.
Plus nous longeons le rivage plus il paraît se déplier, déployer des replis, que nous parcourons inlassablement. Quelque chose s’écarte, avec le paysage, quand nous avançons.
À moins que nous soyons terriblement fatigués et subissions, sans nous en rendre compte, quelques troubles de la perception. 

Collage : Mathilde Roux (détail)

3.18.2014

“Les Yeux fermés, les yeux ouverts” - lieux du passage











Le passage est ce qui reste, une phrase source pour “Les yeux fermés, les yeux ouverts”. 
Le passage, c'est aussi la question des photographies de Francesca Woodman. Nécessité de garder trace de soi, du corps en mouvement. De se tenir dans ce moment, entre effacement et rémanence, par la photographie. 
Ses images, très fortes, sont en amont du travail. 

Dans le récit qui s'est échafaudé par associations d'éléments, je suivais aussi une autre piste. Un paysage, par lequel je suis entrée dans le récit. 
Le long de l'autoroute A13, centrale de Porcheville, un virage en bord de Seine, la falaise, la voie de chemin de fer. Tout ici est affaire de traversée. On ne s'y arrête pas, d'habitude. 
Il me fallait trouver un accès pour y entrer. Aller y poser le regard. Marcher entre Seine et rail. Passer sur et sous l'autoroute. 
Dans ces bordures j'ai pris quantité de photos, à pied, en voiture.

26 de ces images seront glissées dans les 26 tirages de tête de l'édition, avec une carte du lieu au verso. Ce faisant, il me semble redonner au texte une pièce précieuse - ce que, dans la profondeur du travail, et qui relève de l'expérience qu'on en fait, on enfouit.


« Les yeux fermés, les yeux ouverts » est sorti cette semaine aux Editions du Chemin de Fer. Je serai présente au salon du livre, samedi 22, à partir de 17 heures.







“Les Yeux fermés, les yeux ouverts” - lieux du passage











Le passage est ce qui reste, une phrase source pour “Les yeux fermés, les yeux ouverts”. 
Le passage, c'est aussi la question des photographies de Francesca Woodman. Nécessité de garder trace de soi, du corps en mouvement. De se tenir dans ce moment, entre effacement et rémanence, par la photographie. 
Ses images, très fortes, sont en amont du travail. 

Dans le récit qui s'est échafaudé par associations d'éléments, je suivais aussi une autre piste. Un paysage, par lequel je suis entrée dans le récit. 
Le long de l'autoroute A13, centrale de Porcheville, un virage en bord de Seine, la falaise, la voie de chemin de fer. Tout ici est affaire de traversée. On ne s'y arrête pas, d'habitude. 
Il me fallait trouver un accès pour y entrer. Aller y poser le regard. Marcher entre Seine et rail. Passer sur et sous l'autoroute. 
Dans ces bordures j'ai pris quantité de photos, à pied, en voiture.

26 de ces images seront glissées dans les 26 tirages de tête de l'édition, avec une carte du lieu au verso. Ce faisant, il me semble redonner au texte une pièce précieuse - ce que, dans la profondeur du travail, et qui relève de l'expérience qu'on en fait, on enfouit.


« Les yeux fermés, les yeux ouverts » est sorti cette semaine aux Editions du Chemin de Fer. Je serai présente au salon du livre, samedi 22, à partir de 17 heures.







3.10.2014

le rêve et le document #2



Jour 6
Marche incomparable avec nos déplacements sur le Continent Connu.
Air portant, grande légèreté. Aucune sensation de fatigue.
Ramassé quelques pierres de sable, pour étude - en forme, d’os, d’oiseau, de figurine.


collage : Mathilde Roux (détail)

3.06.2014

Il faudra recommencer. Avec un on, un nous. Nouer - Nolwenn Euzen



Il faudra recommencer. Avec un on, un nous. Nouer.
Apprendre les nœuds, les attaches.
On verra bien par où attraper la lumière, comment tourner autour.
Avec les planches qu'on a encore entre les bras, les bastaings, les chambranles.
Est-ce qu'on peut laisser le dessous dessous pour cette fois ?
Est-ce qu'on peut se passer d'aller creuser dans les mémoires, les vestiges ?
Juste, installer des planchers flottants et puis tendre des fils. Et tirer un rideau.
S'asseoir.

En écoutant n'écoutant pas la mer.

En regardant ne voyant pas les gens qui sont devant.

Est-ce que c'est de la danse, est-ce que c'est du théâtre ?


Il s'agissait de reconstruire la ville détruite.


Tu continues ce geste d'attache.

Comme sur la pierre la mousse. Patiemment. Le lieu fait irruption.

Terre-plein, un rond-point, un carrefour.

Un endroit où.
Se mouvoir et s'émouvoir sont une même chose.

La ville aussi est un protagoniste.


Une ville temps sans raison.


On y œuvre par le milieu.


Une ville temps sans raison.


On y œuvre par le milieu.


Ce qui nous reste

Des rires à enregistrer. Une lecture de (la) nuit. Des villes à détourner. Un recommandé avec accusé de réception non retiré. Des connexions sans filet. Des peurs à faire mijoter à feu doux. Les autres sur qui s'appuyer. Nos respirations. Vos messages sous la ville. Nos bouilles, nos brouilles, nos débrouilles. Les je-nous. Les îles et les ailes.

Un texte continue peut importe lequel, son poids sur chaque syllabe. Est-ce qu'il faut ouvrir ses voyelles, recueillir les consonnes ? Ici des milliers de petits textes, une pluie. Quelques gouttes dans le cou, un filet le long de la colonne.

On ne sait pas si la phrase ira au bout de nous.

Un son à l'intérieur. Tu entends " Tu es comme ma maison. Pourtant les maisons j'aime pas tellement." C'est au cinéma. Un plancher flottant. Et comme une ritournelle " une ville temps sans raison.

On y œuvre par le milieu"

Tu glisses entre.


Des rires à enregistrer. Une lecture de (la) nuit. Des villes à détourner. Des connexions sans filet. Des peurs à faire mijoter à feu doux. Les autres sur qui s'appuyer. Nos respirations. Vos messages sous la ville. Les je-nous. Les îles et les ailes.


Les îles et les aîles. Les pays chauds, ou simplement tes pays tendres. Tes pays pleins de i on ne sait plus d'où vient cette joie. Les îles et les aîles rien ne définit plus.  Les je, les nous, plancher flottant. Un endroit où.


Et tirer un rideau. S'assoir.


Un texte, peut importe lequel pourvu qu'on s'y attache.

"On verra bien par où attraper la lumière, comment tourner autour. "
Est-ce que c'est de la danse ?
Avec les planches qu'on a encore entre les bras, les bastaings, les chambranles.
Nos respirations.

De la voix passée avec. Plus grand chose d'autre qu'écoute. Silence. Un endroit où. 


Tu continues ce geste.

Avec les planches qu'on a encore entre les bras, les bastaings, les chambranles.
Avec un on, un nous. Nouer.
On verra bien.
En regardant ne voyant pas les gens qui sont devant.
En écoutant n'écoutant pas la mer.



















Nolwenn Euzen - mars 2014


Pour ce Vase Communicant de mars, nous avons décidé de nous inspirer chacune du blog de l'autre. J'ai plongé dans la Grande Menuiserie de Nolwenn Euzen, lu et écouté ses mots, ses images. C'est toute une fabrique, avec croquis, carnets, raccords et plans. Une fabrique d'écriture foisonnante. Beaucoup aimé ses Happening(s) et ses Dialogues des Latitudes, cette façon de s'adresser à l'autre, des Tu très beaux. "Sitôt que tu poses un mot dans sa douceur tranquille, tu le rattrapes pour qu’il t’appartienne un peu".
/ Mon texte là-bas


3.04.2014

le rêve et le document #1




Territoire Un - 1er Jour
Notre point de départ. Parcouru quelques rues. Maisons basses. Rares autochtones. Leurs vêtements, couleur sable ou papier, se fondent dans le paysage. S’il n’y avait partout cette poussière, on croirait une banquise. Or c’est un banc de sable sédimenté, solide. Vent nul, érosion infime. 

collage : Mathilde Roux (détail)