4.28.2012

C'est une maison de passage



C’est une maison de passage à peine écartée de la route. Façade de schiste rose longue de trois logements, répétés à l’identique devant la parcelle industrielle dont elle marque l’entrée. Les cours, les ateliers, les parkings, déserts en fin de semaine. Sur le côté il y a un chemin qui conduit au canal. 

Vous êtes d'ici, de la pointe de ce quartier périphérique, dans le sombre magenta de la pierre rugueuse. L’avenue est silencieuse qui marque comme l’extrémité de la ville. Chaque chose est posée au milieu de rien, séparée par une étendue qu’il faut franchir. Des routes trop larges des espaces indéfinis. Il y a grand devant et c'est à vous, provisoirement.



"L'écriture est une trace. On passe d'une pièce à l'autre. On ne passe jamais dans les mêmes pièces. Premièrement les lieux vont changer, deuxièmement moi, je vais changer, troisièmement l'écriture va changer. La première maison. C'est un lieu clos mais tout va déferler..."
Georges Perec (entretien avec Viviane Forrester)



4.12.2012

Un à un

Un à un les doigts se déplient puis se referment. Se déplient, se referment. Jouent à se déplier et à se fermer à contre-jour. Contre la lumière qui trace entre les fentes les contours irisées de la peau. L’enveloppe de chair tendue légèrement transparente. La paume obscurcie en son centre qui tourne et retourne dans l’éclat qu’elle fait apparaître ou qu’elle cache. Les doigts amincis dans la lumière. La main qui ne s’ouvre pas tout à fait, sait mieux s’arrondir pour recueillir dans la concavité la bulle d’air, de soleil, jamais capturée. Figures imprévues portées au-devant des yeux. Eclosions silencieuses toujours recommencées. Rien qui épuise ce dialogue merveilleusement engagé avec le dehors.