11.13.2017

77. Freiner l'usure

Freiner l'usure de l’étonnement ce repassage de toutes les choses vives.

11.06.2017

76 cultivé champ de mer

Cultivé champ de mer sarclé dans l’enroulement des vagues longtemps avec les yeux bêchoté le remue hypnotique.

10.31.2017

rc/ A line made by walking





































Octobre,

Commencé à rédiger une des trois articulations du mot >Déplacement.
Celle qui sera a priori le troisième axe. Celle qui me mobilise le plus aujourd'hui (probablement parce qu'elle correspond à l'endroit où je me suis arrêtée à la fin du Master, mais aussi parce qu'elle est un axe de réflexion plus naturel pour moi, plus évident, moins construit).  
Un détour par l'art contemporain pour évoquer, et comprendre, le glissement vers une approche processuelle : la question du contexte à l'œuvre, le passage de la représentation à la présence, la revalorisation de l'expérience, l'enjeux de l'espace public, l'implication du corps dans le processus de création.
>I.3 Le déplacement comme processus de création, c'est aller voir comment la pratique d'un artiste comme Francis Alÿs, par exemple, repense le déplacement, et élabore de nouveaux récits urbains. C'est chercher ce qui se joue aujourd'hui autour de l'idée de "littérature contextuelle".

Mise en attente du coup du projet d'écriture littéraire entamé en avril pendant l'expérience de la marche — comme dispositif de travail — du Finistère vers la ZAD de Notre Dame des Landes. 
13 jours de déplacement, à pied, quelques étapes en car, en train, rencontres, paysage, réflexions. Prises de notes avec l'enregistreur audio du téléphone. Photographies. Puis élaboration d'une forme écrite à partir des notations pendant les mois qui ont suivis et jusqu'à cet été.

Voir comment l'un et l'autre, le volet théorique et le volet créatif, chacun ouvert, tous deux en chantier, pourront dialoguer et s'enrichir. Il me semble que chercher cette fluidité est un des véritables enjeux de la Recherche & Création, le plus difficile mais aussi le plus intéressant. Quand rien n'a de forme vraiment définie, que tout a des chances de se rencontrer.
Qu'ici, dans le champ théorique, Richard Long croise Michel Butor, John Dewey ou Dominique Maingueneau. Qu'au détour d'une réflexion je prenne 2 ou 3 notes pour le projet créatif. 

Poser un cadre et laisser les choses entrer dedans — soi immobile, c'est aussi une façon de regarder ce qui se déplace, et comment.


>journal de la thèse, Recherche & Création littéraire, Université de Cergy-Pontoise, laboratoire AGORA, 2016

10.22.2017

75 au spectacle

Au spectacle de ce qui bouge tenir l'aplomb penser rien d’autre qu’au bruit qu'aux montagnes bien plus vieilles qui sont des vagues immobiles. 

10.17.2017

74. l’agencement des maisons sur l’île

L’agencement des maisons sur l’île volumes couleurs de sels emboîtés contre le vent garantissent l’interstice le passage à regret après elles plus rien : le ciel les mots craie concassé coquillage.

10.10.2017

73. Tarmac de sable

Tarmac de sable en attente de nuit croisé troupe longe côte nouvelle faune littorale des petits êtres noirs immergés aux trois-quart.

9.18.2017

une expérience / des mots / des images






Après avoir lu "À l'approche", Renaud Buénerd a pris à son tour le RER A, depuis Paris vers le val d'Oise. Il a franchit la petite et la grande ceinture, les boucles de la Seine, traversé des circonférences, des campagnes, d'autres villes pour regarder et entendre, voir, enregistrer, vivre, écouter, sentir, photographier, dessiner, noter.

Pendant ma première année universitaire à Cergy, j'ai fait de ce train un terrain d'écriture. Avec le désir de travailler la question du déplacement, de questionner une écriture du dehors, quelles collectes ? quelles traces ? quelles rencontres ? quel rythme même cela laissera t-il ?

Ce qui est au départ pour chacun de nous une expérience est en train de devenir un livre. 

Toutes en palimpsestes visuels, les images de Renaud Buénerd, peintes sur des photographies, jouent avec le vu et le deviné, la transparence et la saturation. Les superpositions d'images, de couleurs, de motifs. Les glissements de sens, les obscurités, les confrontations. 

Elles me touchent beaucoup parce qu'en plus de leur façon particulière de nous interpeler, et tout en développant leurs propres narrations, elles utilisent un procédé de feuilletage qui m'est cher et auquel je requiers moi-même pour tenter de redire, de fixer, le flux — l'interpénétration de la vision, de la pensée, de la rêverie — la multiplication et le croisement des mondes dans lesquels nous sommes en permanence plongés.






=> "À l'approche" paraîtra aux éditions du Chemin de Fer en novembre 2017.
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